Il s’est plongé dans le design sur le tard, mais fort d’une longue expérience dans la mode : Alain Marzat conçoit des meubles aux références assumées, et de haute facture.

Table basse de Marzat
Table basse Arrow, frêne massif, plateau de verre 19 mm de Saint Gobain

Certains se souviennent des jeans Chevignon ou MG Girbaud, d’autres du premier concept store G-Star Raw Essential : le point commun, c’est Alain Marzat, styliste, directeur artistique, scénariste… aujourd’hui designer. S’il a tout appris seul, la mode a forgé son expérience, son goût de l’esthétique, des pièces d’exception, et c’est naturellement qu’il est passé du dessin de vêtements au mobilier. Il parle d’ailleurs d’« habiller les pièces » quand il est question de scénographie ou de décoration d’intérieur, tout en apposant une patte : c’est le premier à sortir le jean de l’univers western ou americana pour l’exposer dans des ambiances industrielles, au sol et au mobilier en béton. Chercher des univers est pour lui une évidence. Aussi, quand il franchit le pas de créer du mobilier, il revendique les décorateurs ensembliers des années 1940 : « Le Corbusier, Charlotte Perriand, Richard Neutra… me fascinent.» Il conçoit un bahut dans un objectif, « rendre contemporaine une pièce qui fait référence », et joue sur le choix des essences de bois, de médium, de sycomore, de merisier. « Les grands ébénistes des années 1930 et 1940 utilisaient rarement du bois massif exotique, en raison du coût et de la difficulté de stabiliser le bois : ils prenaient le hêtre, le chêne, des essences européennes et réalisaient un placage de qualité en bois précieux par-dessus. Le meuble avait l’aspect du massif, mais pas les inconvénients. » Pour lui, il faut réinventer cette qualité de meuble : « On pousse aujourd’hui vers le design, mais on oublie parfois l’essentiel : faire des meubles simplement beaux. » À côté de créations Art déco, il propose des pièces plus contemporains, dans les formes (comme son étagère Zig Zag) ou dans le mariage de matériaux. Il réinterprète le bois, des sections de troncs d’arbre, dans des moulages de bronze et de nacre coulés dans une résine et polis, qu’il dépose au cœur d’une table en zebrano ou qu’il associe à des miroirs. L’avenir du design passe selon lui par la valorisation des savoir-faire artisanaux, « c’est la solution, on est tellement envahis de clones ». À la clé, la mise en avant d’une création de haute qualité, une question de respect mutuel entre le créateur et le client.

Nathalie Degardin

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