Tasses en ardoise, étagère en céramique… Clément Brazille surprend dans ses créations par des utilisations inédites des matériaux.

clement brazille

Pour la génération montante, les frontières entre design et métiers d’art sont poreuses, et Clément Brazille en est un bel exemple : formé en design industriel et en aménagement d’intérieur, il se spécialise aujourd’hui en céramique contemporaine à Genève : « Je suis issu du monde industriel, une expérience qui me sert tous les jours. Le dialogue est en effet fondamental notamment lorsque vous rencontrez un industriel ou un artisan. » Mais cela lui donne aussi un champ d’action très large et donc une production originale décomplexée mais en grande partie fonctionnelle. C’est une rencontre avec un artisan céramiste d’art qui s’est révélée déterminante : « Il répond à des commandes toujours uniques en raison de leur échelle. Il m’a transmis cette idée que beaucoup de choses sont possibles ou presque. Je me suis très vite plu dans cet environnement. » Bien lui en a pris, compte tenu du succès remporté à la dernière Paris Design Week par son étagère Romane, dont les éléments constructifs sont en céramique : le public lui a attribué son prix Rado.

étagère

Utilisant la céramique pour des unités de rangement, ou l’ardoise pour des tasses à café, les créations Clément Brazille interpellent : serait-il provocateur, joueur, à malmener ainsi nos préjugés sur l’utilisation de matériaux? « J’aime proposer de nouveaux scenarii, en détournant un matériau de son application courante. Domestiquer l’ardoise que l’on rencontre généralement à l’extérieur n’était pas chose facile. Et si vous demandez à votre entourage ce que la céramique lui inspire, on vous répondra la poterie? la porcelaine? et les arts de la table en général. » Entre les étagères Instant T et Romane, la tablette Mineral Landscape, si Brazille travaille autour du rangement, cela tient plus de la coïncidence, même s’il a toujours été attiré « par l’assemblage et les principes constructifs intelligents ou rusés, appliqués au rangement. Chacun de nous classe et range à sa manière. L’idée me plaît de savoir que mes objets vont cohabiter dans un intérieur et qu’ils s’adapteront aux objets dont j’ignore la nature. » Cette année, ses recherches tourneront autour de la céramique et du verre. Et il espère bien être présent au prochain Salon de Milan.

Nathalie Degardin

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