Entre un séjour au Japon, un passage chez Robert Stadler à Londres, et une résidence en Italie avec Sam Baron, Ferréol Babin inscrit déjà ses pas dans les traces des grands. À 28 ans, le jeune Français explore une approche expérimentale du design, surprenante et fonctionnelle.

Après avoir essayé l’architecture, Ferréol Babin comprend qu’il veut travailler à une autre échelle et se tourne vers le design d’objet. Mais, paradoxalement, lui manque la notion d’espace. Il s’intéresse alors aux luminaires : « Pour moi, l’éclairage, c’est entre l’espace et l’objet, quelque chose d’immatériel que l’utilisateur peut modifier. C’est le pouvoir de changer la perception de l’espace par un petit objet qui m’intéresse. » Une créativité que Fontana Arte n’a pas manqué d’encourager : « Je leur dois beaucoup, c’est eux qui m’ont lancé. »

Ferreol Babin par Shekpokwan
Ferreol Babin par Shekpokwan

En 2013, ils éditent son applique Lunaire, déclinée depuis dans des installations comme à Maison & Objet. Pour Ferréol Babin, l’évolution dans ce secteur du luminaire depuis l’apparition de la led invite à la créativité : 
« La source est devenue invisible, on est sorti des contraintes de techniques, comme la prise en compte de la température, de la taille de l’ampoule. Une lampe peut prendre n’importe quel aspect. C’est l’effet provoqué qui est intéressant. » Dans ses créations, le mouvement est présent, que ce soit par une rotation directionnelle de la lumière ou par la couleur, ainsi la lampe Aurore : « Je l’ai réalisée pour une exposition à Lyon, puis Moustache l’a éditée. La lampe change de couleur en fonction de sa distance au mur : c’est l’angle d’incidence de la lumière qui transforme la couleur. Une fois éteinte, c’est un miroir coloré. »

Plus fonctionnelle encore, la lampe à poser Roll émet une lumière que l’on dirige à sa guise : 
« Le principe est simple, un cylindre pivote sur une base qui cache un transformateur. » Il insiste sur cette double approche : « J’aime que mes objets aient des volumes sobres, une couleur souvent noire, pour laisser place à leur fonction. Mon leitmotiv, “simplicité et minimalisme”. » Avec lucidité : « Les éditeurs sont apeurés quand on est jeune designer, et proposer des projets simples en apparence avec des coûts maîtrisés les rassure. » Il s’intéresse au mobilier, avec la table Ombre, pour ArcoBaleno à New York, et autoédite des assises, écume. Une démarche complémentaire proche de la sculpture, telle Fusion exposée à Saint-étienne. Il s’imagine en galerie et poursuivant le design industriel : « Je suis intéressé par les contrastes entre matériaux et volumes. » Avec in fine la question de l’espace.

Nathalie Degardin

 

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