Du 4 au 8 mai, le Grand Palais accueille la 3e édition de Révélations, Biennale internationale des métiers d’art et de la création contemporaine.

Partenaire de l’événement, le groupe Bee Médias et ses magazines (CREE, Intramuros, Extérieurs Design, Le Courrier du Meuble, Oazarts !…) rassemblent sur un stand parrainé des créations que les rédactions ont sélectionnées, à l’image de la diversité des titres. Philippe Renaud est chargé de la scénographie de l’espace. Entre pièces design et artisanales, des œuvres contemporaines y trouvent naturellement une place. La Galerie Polaris présente ainsi deux créations de Harald Fernagu.

Boli, Série Mes Colonies, création Harald Fernagu. Technique mixte, coquillages, peinture noire, statuette africaine d’une femme debout issue du commerce touristique contemporain
Boli, Série « Mes Colonies », création Harald Fernagu. Technique mixte, coquillages, peinture noire, statuette africaine d’une femme debout issue du commerce touristique contemporain, 2014.

Dans son travail artistique, Harald Fernagu dit chercher à « mélanger toujours [s]es expériences de ces deux mondes que sont l’art contemporain et les arts populaires, tenter de faire chose commune, langage commun. » À Révélations, sur l’espace Bee Médias, soutenu par  la galerie Polaris, l’artiste présente deux sculptures de la série « Mes Colonies » produits  d’une réflexion sur le territoire et sa représentation. Derrière la silhouette recouverte de coquillages, le regard ne peut s’empêcher de rechercher la forme originale, l’objet initial. Ainsi, derrière Boli, on reconnaît les lignes d’une  statuette africaine de femme, issue du commerce touristique, et derrière Trophée, la tête d’un chevreuil.

Trophée, création Harald Fernagu, série Mes Colonies, 2016. Technique mixte, trophée de chevreuil, ardoise, cornes de gazelles.
Trophée, création Harald Fernagu, série « Mes Colonies », 2016. Technique mixte, trophée de chevreuil, ardoise, cornes de gazelles.

« Sur les marchés d’amateurs, masques et statuettes rejouent pacifiquement notre triste guerre coloniale: l’acheteur veut l’intangible et la magie. Le vendeur, lui, joue à croire que cette envie est légitime. Mais ce commerce se monnaie. La fascination occidentale pour ces objets a encouragé la spoliation de nombreuses communautés africaines. Des dieux-objets soudoyés sont exposés dans nos musées sans autre mesure que notre satisfaction conservatoire. Dans les boutique-souvenirs, ces mêmes objets se doublent de facsimilés produits pour l’économie touristique entre pitrerie et jeu de dupes. Harald Fernagu, à l’occasion d’un énième safari, se plonge méthodiquement dans un rituel imprégné d’esthétique populaire et de souvenirs de bord de mer. Il accomplit sur de fausses pièces de musée un geste galopant et sans substance, sinon celle de contribuer à décoloniser nos collections. » Sandrine Rebeyrat (« Mes colonies 2012 à nos jours. », site de l’artiste).

 

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