Mis en avant parmi les jeunes talents, Jean-Baptiste Fastrez était déjà présent à Maison et Objet l’an passé avec sa lampe Olo éditée par Moustache.  La valeur n’attendant pas le nombre des années,  ce jeune  trentenaire, diplômé de l’ENSCI-Les Ateliers, a déjà  séduit de nombreuses marques et éditeurs tel que Moustache, la Manufacture de Sèvres, Kvadrat, le CIRVA ou encore Tai Ping. 

Diplômé de l’ENSCI-Les Ateliers, après avoir travaillé pendant trois ans auprès de Ronan et Erwan Bouroullec, Jean-Baptiste Fastrez crée son studio en 2011 et remporte la même année le Grand Prix du jury de la Design Parade à la Villa Noailles avec ses projets Variations « Upon an electric kettle et Tomahawks hair dryer ». Hybride, ludique, insolite… ses créations portent une patte caractéristique, entre humour et fonctionnalité.  Nous l’avions interviewé l’an passé pour le magazine Design @ Home.

Jean-Baptiste Fastrez, portrait.
Jean-Baptiste Fastrez, portrait.

Jean-Baptiste Fastrez, designer hybride

Qu’est-ce qu’un design ludique  ?

Il y a deux façons pour un objet d’être ludique  : soit on joue avec l’objet dans son assemblage, soit c’est un objet qui a dans son expression quelque chose qui peut prêter à sourire par un jeu de décalage, par un twist, un détournement de références communes. Si on prend par exemple les Algues des Bouroullec, les assembler comporte un degré de composition, d’interprétation, mais l’objet en soi n’est pas amusant. Dans mes projets, en revanche, il y a toujours une surprise, quelque chose d’inattendu, produit par un mélange de codes, qui fonctionne au quotidien chez soi, comme une présence amusante.

Jean-Baptiste Fastrez, « Variation autour d’une bouilloire » Design Parade.

Qu’est-ce qui rend alors un objet ludique ? 

La force de l’objet ludique va être d’exprimer un twist sur sa typologie initiale. Il va évoquer quelque chose d’autre, il sort de sa fonction première pour raconter une histoire avec ce que la personne y projette. On ne doit pas imposer l’histoire que la personne met dans l’objet, l’objet est un média. Comme Starck et son presse-agrumes, à chacun d’y projeter une araignée, un vaisseau spatial… L’idée n’est pas de fabriquer un objet qui fait une blague, on s’en lasserait très vite. Pour que cela fonctionne, l’ob-jet a, certes, un côté décalé mais garde sa rigueur fonctionnelle. Il faut que ce soit bien dosé.

Jean-Baptiste Fastrez, Luminaire Moto édité par Moustache .

Comment un designer transmet-il cette part d’inattendu ?

Dans mes objets, j’ai ce jeu de références, je travaille sur l’hybridation, entre le quotidien et des codes un peu pop, de science-fiction, de culture populaire. On relie tous spontanément des objets à des usages  : la lampe de poche doit être en plastique, le bol, en céramique… Un projecteur en céramique, c’est inhabituel ! C’est dans ce décalage que le ludique trans-paraît. C’est une évocation subtile, à la frontière, presque invisible, qui arrive dans un deuxième temps. Par exemple, les motifs des tapis sont plutôt végétaux, organiques. Dans le tapis Neon que j’ai fait pour Tai  Ping, j’ai trouvé intéressant d’explorer référence urbaine et trait géométrique. Son côté ludique, c’est que tout le monde s’amuse à marcher dessus comme pour exploser les néons. Cela flatte la partie enfantine en nous.

Jean- Baptiste Fastez, Lampe Olo éditée par Moustache

Comment avez-vous procédé pour Olo, par exemple ?

Pour la lampe Olo, au début, j’avais dessiné une seule optique comme un projecteur classique. Après, on est partis sur l’idée d’articulation et de chandelier, et le regard du personnage est apparu. Il incarne l’objet. Le twist, c’était de saisir ce croisement entre le chandelier et le projecteur !

 

Nathalie Degardin

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