Aérien et structuré, présent et invisible, ludique ou troublant, le mobilier transparent allège nos espaces de vie tout en affirmant leur identité. Un paradoxe parfaitement assumé par les designers…

bureau

Un mobilier qui s’efface au profit d’une sensation d’espace… ou qui habilement met en valeur ce qu’il recèle : une collection de livres d’art dans une bibliothèque, une garde-robe soignée dans une penderie aux portes vitrées… Choisir un meuble transparent n’est surtout pas un acte anodin. Il s’adapte à notre envie, arrête le regard sans le brusquer : transparent, certes, mais pas inexistant. Discret, il allège les petits intérieurs et s’intègre dans des styles de décor très différents, de la tendance
industrielle aux atmosphères épurées naturelles. De la même façon qu’en art de la table le verre valorise le vin ou autre breuvage, ou qu’un vase s’efface au profit du bouquet qu’il accueille, en montrant ce qu’il contient, le mobilier aussi joue sa carte d’écrin. Cela dit, aujourd’hui on dépasse bien la fonction de simple vitrine : si les tables en verre ont à leur tour la part belle, en version chevet ou bout de canapé comme en version XXL pour accueillir des convives, les assises s’essaient également à la transparence, donnant du caractère à un salon sans l’étouffer. Ici on use du verre, là du plastique. La structure s’efface pour une impression de légèreté, pour aller à l’essentiel. On choisit habilement les structures, on marie subtilement les matières, on rivalise d’ingéniosité dans les ateliers pour arrondir les angles, torsader un piétement, donner un éclat, teinter sans rendre opaque. On respire, on assume, on se livre, sans être ostentatoire ; on recherche la transparence comme une quête de sérénité, avec un raffinement d’esthète, le design au service de notre bien-être.

 

Au service de la fonction

Mettre en valeur le contenu en s’effaçant discrètement, offrir un rangement sans chargerl’espace quand on a peu de recoins : la transparence inspire un mobilier tout en légèreté.

 

En verre et contre tout © Fabrice Gousset

Pour sa collection Man Machine, Konstantin Grcic s’est emparé du verre et de techniques propres à l’architecture industrielle. Radical et esthétique.

Table M 4

Quand Konstantin Grcic s’intéresse au verre, on se doute que ce designer passionné par une approche industrielle va questionner la matière à sa façon. Et pour preuve, en donnant à sa collection le nom d’un album de Kraftwerk, groupe électro mythique, il insiste sur le caractère expérimental de sa collection.

Chaise

Pour réaliser ces étagères, chaises, tables et coffres en verre flotté, il s’appuie sur des mécanismes utilisés en architecture industrielle : chaque élément de la collection s’actionne grâce à un système de piston, charnière, manivelle, un silicone noir permettant la mobilité des plaques de verre. Un fascinant jeu de finesse entre une apparence fragile et une mécanique sophistiquée, « une tension entre l’apesanteur d’un dessin et la solidité d’une structure », selon Clément Dirié, qui interroge la question de la transparence, ce qui se révèle à l’usage, ce que l’on montre, ce que l’on suggère. Galerie Kreo, collection Man Machine.

Étagère

Une esthétique travaillée

La transparence ne signifie pas l’effacement : les designers travaillent l’esthétique du verre ou du plastique, et jouent sur un soupçon de couleur pour animer nos espaces de vie.

 

Mariage du  visible et invisible

S’effacer ou structurer pour dévoiler un matériau, une forme, un détail, un esprit : la transparence offre un jeu de contraste qui sert de révélateur.

 

Nathalie Degardin

 

 

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