L’édition 2015 du Salon du meuble de Milan a été l’occasion de découvrir
les nouvelles collections des éditeurs mais aussi combien le savoir-faire des grandes maisons et la technicité sont au service de la facilité d’usage. Une lecture des fondamentaux du design en quelque sorte.

chaises Piuma
Avancée technologique: Ce sont plus de deux ans de recherches qui se cachent derrière la silhouette ultrafine de cette assise. Cette dernière résulte de la mise au point d’un mélange inédit autour d’un polymère thermoplastique et de fibres de carbone, qui a exigé une technique de moulage par injection pensée spécialement pour ce composé. In fine, d’un poids de quelque 2,2 kg, la chaise se singularise par juste quelques millimètres d’épaisseur. Kartell, chaise Piuma, création Piero Lissoni.
salon exterieur
Mutations © B&B Italia’s terrace Créé en 2007, Fat Sofa tout en rondeur profite désormais d’une déclinaison adaptée à l’extérieur. Le système d’assises rembourrées se singularise par son dossier au tressage inédit. Au final, la sophistication d’un meuble propre à l’indoor qui signale à sa façon combien les limites techniques sont repoussées d’une année à l’autre afin d’effacer définitivement d’un point de vue formel les différences entre in et out. B&B Italia, canapé Fat Sofa, création Patricia Urquiola.

Le savoir-faire consacré

« Des canapés, encore des canapés… » Face à la multiplicité de nouveautés à laquelle il est confronté chaque année, le consommateur pourrait faire sienne l’exclamation de Francesco Binfaré et ce, quelle que soit la typologie des meubles. Hormis que le designer italien, auteur du légendaire canapé Flap, a opté cette année pour une relecture des fondamentaux autour de son canapé Absolu chez Edra… Absolu de confort, de « normalité », d’adaptation à son utilisateur et de technicité.

fauteuil
Elégance naturelle : C’est l’esprit naturel chic qui est au rendez-vous avec cette nouvelle collection de Piergiorgio Cazzaniga. Une élégance simple entre tressage et structure en acier inoxydable, ce qui n’empêche pas une attention détaillée à la technique. Tribù, fauteuil Contour, création Piergiorgio Cazzaniga.

Cela pourrait être le thème majeur de cette édition 2015 du Salon du meuble, présentant les nouveautés en passe d’être commercialisées d’ici à 2016. Faisant fi du superflu délaissé depuis quelques années dans un contexte économique tendu, les créateurs se sont replongés dans l’idée de la « maison idéale », pour ne pas citer Patrick Norguet présentant son fauteuil Dot pour Tacchini, illustrant les valeurs symboliques d’un cocon.

lampadaire
Tradition :  Le verre était l’une des tendances récurrentes de cette édition Euroluce. En guest star, la très belle collection dédiée au verre et réalisée de manière artisanale présentée par Artemide. Parmi les 4 luminaires, la création d’une délicatesse infinie de Carlotta de Bevilacqua dont le nom fait référence à une technique du 16e siècle à Murano. En un mot, la tradition associée à la technique du led. Artemide, Glasse tech collection, Invero, création Carlotta de Bevilacqua

Les éditeurs se sont également attelés à des déclinaisons de leurs collections ayant déjà convaincu leurs clients tandis que certains célébraient avec éclat leur anniversaire. On pense notamment aux 90 ans de Porro et aux 80 ans de Molteni qui furent l’occasion de se plonger dans l’histoire familiale de ces grandes maisons et ce, sans compter la salve de rééditions de pièces qui firent l’histoire du design. Une façon d’insister sur le fait que le meuble est une affaire de tradition, de savoir-faire et de technicité.

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Art numérique : à l’occasion du Salon du meuble, Moooi a présenté sa nouvelle marque, Moooi Carpets, réunissant trois collections. Des pièces spectaculaires et baroques à l’image de l’univers de l’éditeur néerlandais mais aussi la possibilité de réaliser sur mesure ses propres tapis. Le plus étonnant reste sans conteste les tapis à impression numérique. Moooi Carpets, tapis Liquid Birch, création Broersen en Lukacs.

A cet égard, ont été dévoilées des pièces ayant nécessité plusieurs années de recherche en termes de matériaux et de fabrication. Au-delà de l’esthétisme, le meuble est en effet un concentré d’innovations pensé pour nous rendre service au quotidien, à l’instar de la si légère chaise Piuma signée Piero Lissoni chez Kartell en voie de commercialisation. Une chaise, encore une chaise… oui, mais un modèle du genre, comme les assises Belleville des Bouroullec chez Vitra dont la ligne élégante est avant tout au service de la facilité d’usage. N’est-ce pas ce que nous demandons avant tout ?

SOTTSASS
L’énergie Sottsass: Découvrir des pièces inédites d’un maestro tel Ettore Sottsass fut l’un des grands bonheurs de cette édition milanaise. Kartell présente une série de projets signés en 2004 avec le maître et jusqu’à présent jamais produits. à la clé, six vases, deux tabourets et une lampe, dont les formes post-futuristes et les couleurs vives nous replongent dans l’œuvre de Sottsass et l’épopée Memphis. Kartell, collection Ettore Sottsass.
 luminaires du canadien Bocci
Arbre brillant: Lors de sa première participation à Euroluce en 2013, les luminaires du canadien Bocci provoquaient déjà notre enthousiasme. Cette année, l’éditeur profitait de la design week pour célébrer ses dix ans et présenter son arbre de lumière, chaque feuille en verre intégrant une source led, tandis que le système d’alimentation se dissimule dans la structure métallique. L’intégralité de cette plante onirique fut présentée à Vancouver, mais l’on pourra toujours se contenter de quelques branchages chez soi, car ce luminaire est en vérité aussi indoor qu’outdoor. Bocci, 16.

lampe design
Tissu Led L’innovation à l’état pur… Ce voile de lumière est dans les faits un film plastique souple intégrant quelque 750 leds. Tel un tissu accroché, une simple baguette en métal permet de le fixer. Ingo Maurer, Dew Drops Wall.
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