Ce sont des objets de tous les jours que Pierre Stadelmann revisite avec humour et astuce. Comme de petites mises en scène de la vie quotidienne… tout en design.   

Pierre Stadelmann

Quand on demande à Pierre Stadelmann son parcours, il répond en riant : « C’est très simple, j’ai remonté la chaîne de fabrication de produits ! » D’un atelier de métallurgie, il passe au dessin technique industriel, puis à un bureau d’études où il se forme à la création assistée par ordinateur. Puis il rentre à l’école de design de Nantes. Un an à Florence à la Design Academy, et le voilà fin prêt à monter son studio. Ses premiers projets, il les lance avec l’Édito. La lampe Waaf booste les ventes de Noël 2012. Mais la maison ferme ses portes en mai dernier. Qu’à cela ne tienne, elle ressort ce printemps dans le cadre d’une nouvelle collection de Structures éditions. Un objet pratique et ludique, tel un clin d’œil en relief à la lampe symbolique des génériques des films de Pixar. « Une création n’est vraiment aboutie que lorsqu’elle suscite une envie, un univers auquel se référer, l’enfance par exemple. »

Lampe waaf

Être créatif, pour lui, c’est être capable de sentir ces connexions. Car plus que de la fonctionnalité, il s’agit avant tout d’installer de la connivence avec l’usager. « Les gens s’attendent à ce que l’objet fonctionne, ils font leur choix sur ce à quoi l’objet les renvoie. » C’est pour cela qu’il développe ses créations avec un imaginaire bien à lui, détournant les aquariums pour en faire des abat-jour incongrus. À l’écouter parler, on imagine que chez lui, les journées font 36 heures : toujours en mouvement, cette année il se perfectionne en ébénisterie, tout en montant des projets pour sa structure – il a récemment conçu le mobilier pour le merchandising d’une salle de concerts nantaise – et en travaillant parallèlement sur des scénographies pour une agence d’architecture. Pour lui, les design d’espace et d’objet participent de la même démarche, ce sont les échelles qui changent : « L’espace, c’est un produit comme un mobilier.

Lampe waaf
Lampe WaaF, chez Structures.

On répond à des contraintes bien précises et on retrouve la notion d’histoire qui se confond avec l’identité du lieu. La différence, c’est qu’en design produit, on propose d’abord un mobilier, avec un univers qui va potentiellement croiser celui du client. En scénographie, c’est l’endroit qui donne sa raison d’être au mobilier créé. » Son retour vers le bois traduit une envie d’approfondir un travail des matériaux nobles. « Depuis quelques décennies, on s’était détaché du fait-main, on fabriquait en Asie, à toute vitesse, on courrait vers la disparition de savoir-faire ancestraux. Aujourd’hui l’artisanat fonctionne bien, car le designer veut rester maître de son produit. »

Nathalie Degardin

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